La société californienne a publié jeudi soir "un trimestre étonnamment fort", résume la banque SG Cowen, exprimant un avis généralement partagé. Le bénéfice net est ressorti à 382 millions de dollars entre juillet et septembre, pour un chiffre d'affaires quasiment multiplié par deux, à 1,58 milliard USD.

Une surprise telle que l'action Google s'est envolée dès jeudi soir, dépassant largement les 330 dollars, contre un précédent record à plus de 318 dollars. Avant l'ouverture de la Bourse vendredi matin, les maisons de courtage s'empressaient de relever leurs objectifs de cours à des niveaux jamais envisagés auparavant: jusqu'à 450 dollars, pour une action introduite à 100 dollars en août 2004.

Un véritable adversaire Le modèle économique, dénommé "le Saint Graal" par Credit Suisse First Boston, repose sur des revenus générés par la publicité en ligne, représentant très peu d'investissements pour Google, sur fond d'innovation régulière dans les services aux usagers, ce qui draine l'audience.

"Google continue d'optimiser en même temps l'expérience de l'internaute et le ciblage de clientèle pour les annonceurs publicitaires, ce qui se traduit par un taux plus élevé de publicités vues, générant des demandes d'annonceurs encore plus nombreuses, et une rentabilité accrue", résume M. Kessler.

Le moteur de recherche Google, fondé par deux étudiants en informatique Larry Page et Sergey Brin, aujourd'hui milliardaires, représentait en septembre 45% des recherches des Américains, contre 23% pour son aîné Yahoo! et 12% pour le portail MSN de Microsoft, selon le cabinet Nielsen.

Le groupe utilise son cash "issu des bénéfices et de "coups" boursiers comme 4 milliards USD levés en août" pour lancer des nouveautés destinées à prolonger le séjour de l'internaute sur des pages avec des liens sponsorisés. Google offre aujourd'hui une base de données photo, un moteur de recherche pour le shopping, et des logiciels gratuits comme le service de cartographie interactive Google Earth, Google Talk, qui permet à deux internautes de se parler via leur ordinateur, mais aussi une messagerie instantanée.

"Google a parfaitement compris comment monétiser ses services gratuits", relève Credit Suisse First Boston, qui "croit sur le long terme dans ce modèle de rentabilité". Pour Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management, "l'histoire de Google ressemble beaucoup à celle de Microsoft", le leader incontesté du logiciel: "ils ont tous deux les bons produits au bon moment". Selon Carmy Levy, du cabinet Infotech, "cela va même va plus loin: Google est considéré comme le prochain Microsoft".

"Avec ces innovations, mais aussi avec les projets de bibliothèque virtuelle et d'internet Wi-Fi gratuit à San Francisco, ou encore via le partenariat avec Sun Microsystems dans les logiciels, et la volonté d'entrer dans le fournisseur d'accès AOL, Google se bat contre Microsoft", relève-t-il. "Leur idée est que le navigateur internet sera demain au coeur du monde de la communication, et non plus le logiciel, ajoute M. Levy. "C'est plutôt sain, car Microsoft trouve enfin un véritable adversaire".



Source : www.menara.ma