Les Chinoises, dans leur travail autant que dans leur formation ont le sentiment d'évoluer dans un univers qui n'est pas le leur. Vera Liang en a pris conscience. Cette jeune femme de 29 ans a créé un programme spécialement dédié aux femmes dirigeantes, au sein de la prestigieuse université de Fudan, à Shanghai.

L'Excellence Women Programe (EWP), se base sur un constat simple : "En regardant les programmes des écoles de commerce, on s'est aperçu qu'elles ne faisaient qu'enseigner le management, ce qui n'était pas suffisant pour avoir de bonnes compétences de communication, en tant que femme".

La première promotion, sortie juste avant l'été, a rassemblé plus de trente femmes, âgées en moyenne de 36 ans. Cadres dirigeantes, elles ont pu écouter un week-end par mois des intervenantes, pdg ou universitaires chinoises et américaines. Un des buts premiers de la formation est de gagner de la confiance en soi, tout en respectant sa féminité. Elles cherchent à affirmer leur personnalité et faire valoir leurs compétences. "Le programme leur est même utile pour leur relation conjugale", affirme Mlle Liang.

Selon sa responsable, la composante humaine est indispensable à ce programme universitaire. "Les femmes sont plus sentimentales que les hommes, elles ont une approche différente et donc ont besoin de cours différents". Avec son tailleur près du corps, ses bijoux étincelants et son maquillage parfait, Vera Liang paraît affirmer sa féminité avec fierté.

"Le problème du sexisme existe. La culture traditionnelle chinoise pousse la femme à se concentrer sur sa famille", estime-t-elle. Quant aux rares femmes qui ont pu mener une carrière prestigieuse, elles ont acquis des réputations de dames de fer, à l'instar de Xie Qihua.

La patronne de l'acier chinois est souvent citée comme un cas d'école. Président du leader Baosteel, elle a décroché l'an dernier la 2e place dans le classement du magazine américain Fortune, des 50 femmes les plus puissantes du monde, les Etats-Unis restant hors compétition.

Quatre Chinoises ont figuré au classement en 2004 : Yang Mianmian, présidente de Haier, n°1 de l'électro-ménager chinois, Ma Xuezheng, directrice financière de Lenovo, leader de l'informatique, et Dong Mingzhu, directrice générale de Gree Electric Appliance.

Dirigeante de poigne, Yang Mianmian, estime que rien ne change pour un dirigeant d'être une femme ou un homme en Chine, "c'est loin d'être une tâche simple" quoiqu'il en soit. A 64 ans, elle continue de piloter un des plus grands groupes chinois et juge qu'"il n'y a pas de sexisme en Chine. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits dans le travail et dans leur vie sociale".

Sur le papier, le sort des Chinoises serait presque à envier. Selon les statistiques officielles, elles occuperaient 42,1 % des postes de directeur et 16,6 % des postes de directeur général, contre 35,5 % et 12,5 % en France, d'après l'Insee.

A Shanghai, sous l'impulsion du développement économique, les femmes se font davantage leur place. Nombre d'entre elles créent leur propre entreprise ou y aspirent. Pour Gu Feng, du département des Affaires étrangères de la très officielle Fédération des femmes de Shanghai, le développement économique suffira à créer des opportunités pour les femmes entrepreneurs.

Zheng Lizheng, responsable de l'Association des femmes entrepreneurs en Chine, renchérit : "le développement économique a amélioré la condition des femmes".



Source : www.menara.ma