La semaine de l'architecture commence bien à Vitré. Du 10 au 15 octobre, les architectes du centre des hautes études de Chaillot, candidats à une spécialisation patrimoine, ont ausculté la cité médiévale et fait parler les vieilles pierres. Leurs découvertes vont déboucher sur des pistes pour toiletter le centre-ville.

« Vitré recèle des trésors d'architecture. » Mireille Grubert, directrice du centre des hautes études de Chaillot, prestigieuse école parisienne d'architecture, est venue entendre le résultat des travaux de ses élèves (tous architectes candidats à une spécialisation patrimoine), samedi, à la mairie de Vitré. « Les groupes ont passé la semaine à collecter des informations sur les remparts et sur le monastère Saint-Nicolas. Ils ont fait des découvertes qu'on explique très bien et d'autres qu'on ne s'explique pas. »

Principale découverte, « l'importance des vestiges des remparts du XIIIe siècle. Les Vitréens ont joué le jeu en ouvrant leurs portes, en acceptant de nous faire visiter leurs rez-de-chaussée et leurs caves. Dans ces structures souterraines, nous avons découvert les restes du pied d'un rempart. Des murs en parfait état ». La lecture de ces vestiges permet à Mireille Grubert d'annoncer que « Vitré dispose là de la plus grande enceinte fortifiée du XIIIe siècle en Bretagne, modifiée au XVe ».

Une porte dérobée sous le château

Pour les élus vitréens, c'est une découverte de taille. Ils ont sollicité l'aide des architectes de Chaillot pour éclairer leur projet de toilettage du centre-ville, inscrit au plan local d'urbanisme en cours d'élaboration. Des élus ravis d'avoir découvert l'existence d'une porte dérobée, sous le château, qui relie la forteresse à la petite rue du Val, située en contrebas.

« Le travail réalisé par cette école est remarquable, reconnaît Michel Gasnier, premier adjoint chargé du patrimoine. Les étudiants ont souligné la cohérence entre toutes les villes closes de Bretagne. Selon eux, ce réseau mériterait d'être proposé pour une inscription à l'Unesco. » Ce qui pourrait être un atout touristique - et par conséquent économique - capital pour cette ville des Marches de Bretagne.

Autre sujet d'étonnement : le périmètre du couvent Saint-Nicolas, situé au pied du quartier du Rachapt et du château. « Ce périmètre n'a jamais été étudié, note Mireille Grubert. L'ensemble des relevés réalisés sur le couvent va être mis en propre et nous proposerons une lecture historique de ce bâtiment. » Les architectes ont repris le chemin de Paris. Ils vont dépouiller leurs données et reviendront à Vitré du 26 au 29 avril pour préparer une exposition accessible au grand public. Elle sera présentée à partir du 4 juillet à Vitré.

« C'est à partir de ce travail qu'il est possible de faire des projets d'aménagement qui saisissent des opportunités de mise en valeur de l'existant, quand le patrimoine le mérite, explique Mireille Grubert. Ce travail, qui sera noté, permettra aux élus de prendre des décisions éclairées. En juillet, les élèves proposeront des pistes d'aménagement sur lesquelles les décideurs pourront s'appuyer. » Avec la bénédiction du ministère de la Culture et de son représentant, l'architecte des Bâtiments de France.



Source : www.rennes.maville.com