«Harem» vient du mot arabe harâm, qui désigne ce qui est tabou et interdit. «Il n'y a pas de meilleur espace imaginaire que ce lieu de réclusion pour explorer nos perceptions des opposés, déserter nos a priori et tenter une autre façon de vivre la différence, qu'elle soit sexuelle ou culturelle!» dit le directeur artistique, Joseph Nakhlé.

En conférence de presse, les organisateurs n'ont pas mâché leurs mots quant aux «difficultés» qu'a dû surmonter le festival depuis ses débuts. Au départ, «c'était considéré comme un événement communautaire», explique la vice-présidente Aida Kamar. «Le FMA existe grâce au public», souligne-t-elle. En effet, 55 % du budget (1,5 million cette année) provient de la billetterie. Quant aux subventions, elles ne surpassent pas les 25 %. «Chaque année, c'est l'angoisse», dit-elle. Mais d'une présentation à l'autre, le public est au rendez-vous. L'an dernier, le festival a attiré 60 000 personnes.

Cette année, le FMA convie le public du 28 octobre au 13 novembre. Plus de 250 artistes de 32 pays se produiront dans 85 spectacles et rencontres. En conférence de presse, les invités ont eu droit à un avant-goût de la chorégraphie de Benjamin Hatcher, qui ouvrira le FMA. Revisitant le baladi, Harem, lever les voiles sera présenté les 28 et 29 octobre au Théâtre Outremont.

Au Théâtre Maisonneuve, la compagnie turque Armelit présentera de son côté Hurrem Sultan, les 11 et 12 novembre. Dans cette chorégraphie d'Altan Cakmak, un homme s'approprie le baladi. On annonce «une vision renouvelée du harem et de la femme orientale».

Côté musique, soulignons le passage à la salle Pierre-Mercure (9 novembre) de la Canadienne Catherine Potter, virtuose de la flûte traversière indienne bansuri, qui sera accompagnée de l'oudiste palestinien Simon Shaheen.

Le même soir, au Corona, le groupe algérien Raïna Raï - qu'on décrit comme «les Dire Straits arabes» - partagera la scène avec Shebba Zahouania, figure populaire du raï moderne. Plus connues du grand public, Emeline Michel sera aussi en concert au Corona, le 12 novembre, alors que Lynda Thalie chantera au Centre des loisirs de Saint-Laurent, le 4 novembre.

Arabe et cochonne

La programmation du Salon de la culture du FMA est également bonifiée cette année. À commencer par le spectacle d'humour au titre aguichant Arabe et cochonne. Nabila Ben Youssef démystifiera l'image soumise et effacée que certains Québécois se font de la femme arabe. Au Studio-Théâtre de la Place des Arts, les 4 et 8 novembre.

Le volet du Salon de la culture comprend aussi de la poésie, des expositions, des débats littéraires, des soirées de conte et le colloque annuel du FMA, Femmes d'Orient, Femmes d'Occident, mythes et réalités, à l'Université Concordia.

Des soirées cinéma sont encore organisées à l'ONF. Une mention spéciale pour la projection du classique La Bataille d'Alger (mise en images de la guerre d'indépendance algérienne), où seront présents deux héros du film, Zorha Drif Bitat et Yacef Saadi.

L'ensemble de la programmation du FMA est disponible au www.festivalarabe.com.



Source : www.cyberpresse.ca