On a, également, suivi l’excellente introduction de M. Eric Hayet, président du Conseil de STERIA –(une SSII française), cette intervention mérite qu’on s’y attarde, pour l’intérêt de l’analyse, mais surtout parce qu’elle jette la lumière sur le décalage entre la Tunisie et l’Inde en matière de développement des NTIC.

Primo, il explique les raisons qui poussent les SSII à aller en Inde. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les prix bas ; mais trois autres motifs essentiels qui font de l’Inde un centre international de sous-traitance des TIC : ancienneté, qualité et volume.

Concernant l’ancienneté, Eric Hayet a souligné que les pôles technologiques indiens, tel que Bangalore, existent depuis 25 ans et offrent à la fois un lieu, une structure et une infrastructure adaptés à la sous-traitance.

En outre, l’Inde regorge d’ingénieurs en TIC hautement qualifiés, alliant rigueur et qualité de travail. Par exemple, trouver 5.000 développeurs Java en une semaine est la chose la plus aisée dans le pays de Gandhi. D’ailleurs, pour illustrer ses dires, Eric Hayet cite une SSII européenne qui avait lancé un avis de recrutement et qui aurait reçu, en l’espace d’une semaine, un million de CV.

Quant au facteur volume, il faut savoir que la sous-traitance est une industrie de masse, c’est-à-dire qui nécessite d’importants volumes, de gros moyens et des milliers de compétences.

En clair, si l’on ne considérait que ses trois atouts, le match Tunisie-Inde dans le domaine des TIC se solderait par une victoire sans appel de l’Inde, car il est évident que la Tunisie ne peut, aujourd’hui, aligner ces avantages.

Les carences du site Inde

Bien que la sous-traitance dans un pays comme l’Inde présente des avantages certains, il n’empêche aussi qu’on y rencontre des problèmes parfois insurmontables, dont :

- un prix de revient de plus en plus élevé du fait que les ingénieurs indiens de plus en plus demandés, et deviennent donc ‘’chers’’ (1.600 euros pour un ingénieur débutant..) ;

- L’inconvénient d’un turn-over très important dû à la dynamique du marché et à la mobilité de plus en plus importante des compétences ;

- la distance peut, également, poser des problèmes en cas d’intervention sur site.

Qu’en est-il de la Tunisie …

En ce qui concerne les TIC en Tunisie, Mr HAYET releve trois problèmes ou insuffisances qu’il serait urgent de dépasser :

- une insuffisance d’image : « la Tunisie, pays ami, pays des jasmins, du tourisme, du textile… est certes bien connue, mais pas ou peu pour un pays actif dans les domaines des technologies de l’information et de la communication. D’où la nécessité de travailler davantage ce côté; un travail qui incombe en premier à la FIPA ;

- faible ou peu d’externalisations en Tunisie : pour pouvoir attirer les investisseurs et autres donneurs d’ordres, il est nécessaire de présenter des success stories d’externalisation propres à la Tunisie, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. En clair, il faut avoir son propre marché et multiplier les expériences réussies ;

- les relais de vente : sur ce point, M. Hayet insiste sur l’approche de vente en Europe en préconisant de développer le réseautage, de s’appuyer sur les relais, sur les structures patronales ou professionnelles (chambres de commerce, chambres syndicales).

Il faut noter que lesprofessionnels du secteur TIC ont largement apprécié l’initiative de l’IACE dans la concrétisation de cette approche.



Source : www.maroc-callcenters.com