Pas de protocoles. Pas de prix individuels, pas de smokings et surtout pas de premières et dernières places. On aurait cru qu'il s'agit du plateau d'"un thé au Sahara" de Bernardo Bertolucci.

La magnificence du camping naturel d'Amzrou et les émotions humaines naturelles des comédiens comme des membres de la société civile locale se faisaient ressentir dans ce cadre naturel des plus conviviaux.

Ce site touristique s'est vêtu de sa plus belle parure pour accueillir comme il se doit l'homme de la soirée : Mohamed Bestaoui.

"Tout le monde sait que Mohamed Bestaoui se plait dans des espaces tels Zagora où la modestie et la simplicité règnent en maître et cet hommage est un signe de reconnaissance à un acteur qui est à l'apogée de son apport artistique", a déclare à la MAP Yassin Adnan, jeune écrivain, avant d'ajouter que "cette nouvelle logique en matière d'hommage vise essentiellement la motivation d'artistes encore en exercice, afin qu'ils redoublent leurs efforts".

A près de 600 km de la capitale, au sud-est du pays, les habitants de cette belle palmeraie considèrent cette rencontre comme une opportunité à saisir.

Les organisateurs ont choisi d'organiser un défilé lors de la cérémonie d'ouverture. Les troupes artistiques locales et les jeunes habillés en costumes ayant servi auparavant aux tournages de films célèbres dans la région, ont émerveillé l'assistance et donné un signal fort de ce que pourrait être cette rencontre dans un proche avenir.

"Il faut dire qu'il s'agit d'un rêve/aventure qui s'est développé au fur et à mesure pour se traduire l'année dernière dans les faits", avait souligné Ahmed Chahid, membre du comité d'organisation, ajoutant que "nous ne sommes qu'à la deuxième édition" et que "les jeunes de la ville et sa société civile sont déterminés à l'ériger en une tradition culturelle".

Tout comme l'hommage rendu à Bestaoui, l'appel du réalisateur marocain Saâd Chraïbi quant à la création d'un musée dédié aux instruments et outillages cinématographiques du père du cinéma marocain Mohamed Ousfour a été un moment fort de la rencontre.

Les propos de Saâd Chraïbi à l'endroit du défunt étaient certainement ceux d'un fils affectueux, mais aussi reconnaissant. Principe de gratitude oblige.

"Notre histoire cinématographique a toujours commencé par le film +la vie est une bataille+, ce qui n'est absolument pas juste envers notre défunt et son film -Le fils maudit-", avait souligné le réalisateur de "Jawhara".

L'absence de compétition et le règne de la simplicité et de la convivialité ont fait que tout le monde y allait de sa part pour fêter le cinéma.



Source : www.menara.ma