"Je ne suis pas prétentieux au point d'affirmer que je délivre un plan de paix pour le Proche-Orient avec mon film" qui sort prochainement en Allemagne et en Israël, dit le réalisateur dans l'interview accordée au magazine allemand Der Spiegel.

"Mais est-ce une raison pour laisser le champ libre à ceux qui simplifient tout? Aux Juifs et aux Palestiniens extrémistes qui considèrent jusqu'à aujourd'hui toute forme de solution par la négociation comme une sorte de traîtrise? (Est-ce une raison) pour se taire, juste pour ne pas avoir d'ennuis?", s'interroge-t-il.

"Je voulais juste me servir du puissant médium qu'est le cinéma pour amener le public à une confrontation très intime sur un thème qu'on ne connaît généralement tout au mieux que de manière abstraite", ajoute Steven Spielberg qui refuse de "donner des réponses simples à des questions compliquées".

"Croyez-moi, je n'ai pas abordé le sujet de manière naïve. Je suis un juif américain et je connais les sensibilités dans le conflit israélo-palestinien", souligne le cinéaste qui affirme qu'il serait prêt à "mourir pour Israël".

Son long métrage "Munich" raconte comment les services secrets israéliens ont poursuivi et tué les commanditaires de la prise en otage d'athlètes israéliens, les 5 et 6 septembre 1972, par huit Palestiniens du groupe "Septembre noir".

Déjà sorti aux Etats-Unis, le film y a reçu un accueil mitigé. Il a notamment été critiqué par certains responsables israéliens qui estiment que Spielberg est moralement condamnable en renvoyant dos à dos Palestiniens et Israéliens. "C'est une équation morale incorrecte", a affirmé le consul général de l'Etat hébreu à Los Angeles, Ehud Danoch.

La prise d'otages s'était soldée par la mort de vingt personnes: onze sportifs israéliens, cinq terroristes palestiniens et un policier allemand.



Source : www.tv5.org