Cette ouverture officielle de l'Offre publique d'achat, près de quatre mois après son annonce spectaculaire par Lakshmi Mittal, permet s'ils le veulent aux actionnaires d'Arcelor d'apporter leurs titres, une opération prévue jusqu'au 29 juin inclus.

Cette OPA sans précédent dans le secteur l'acier a débuté en France, au Luxembourg et en Belgique, pays où Arcelor est coté. Selon Mittal Steel, elle devrait démarrer "prochainement" en Espagne et aux Etats-Unis.

Les deux titres ont souffert en Bourse pour ce coup d'envoi. A la clôture de la Bourse de Paris, Arcelor a cédé 2,59% à 32 euros, l'indice CAC 40 perdant 0,24%. Le titre Mittal, coté à Amsterdam, a lui terminé en baisse de 2,39% à 27,33 euros. Ces premiers mouvements ne préjugent en rien du résultat de l'opération qui durera 40 jours, selon des courtiers.

"L'action Arcelor a énormément progressé depuis fin janvier. Les gens se disent qu'il y a plus à perdre qu'à gagner, donc autant vendre maintenant quitte à racheter des titres Arcelor dans quelques jours", a commenté l'un deux.

"Arcelor a fait un beau parcours en Bourse. Les gens prennent leurs bénéfices et croient moins à une surenchère de Mittal", a estimé un autre.

Lors de l'annonce par Mittal de son projet d'OPA le 27 janvier, la proposition à 28,21 euros par action représentait une prime de 27% par rapport au cours d'Arcelor du 26 janvier, le valorisant à 18,6 milliards d'euros. Cette valorisation dépend de l'évolution du titre Mittal. Jeudi, Arcelor était ainsi valorisé à environ 19,2 milliards d'euros.

Mittal Steel, qui propose depuis fin janvier une offre mixte, à 75% via échange avec ses propres titres et à 25% en liquide, a réaffirmé jeudi sa confiance dans le succès de son raid. "Nous pensons toujours que notre offre est très attractive et structurée et donne accès aux actionnaires d'Arcelor au formidable potentiel de croissance du groupe combiné, tout en leur apportant une part conséquente en liquide", a répété son PDG Lakshmi Mittal.

L'homme d'affaires indien est résolu à marier les deux premiers sidérurgistes mondiaux. Son objectif: ériger un géant de 110 à 140 millions de tonnes d'acier par an, loin devant les groupes japonais et chinois.

Un mastodonte Mittal/Arcelor raflerait près de 12% d'un marché mondial encore très morcelé mais dont les perspectives de concentration sont alléchantes, surtout en Chine, en Inde ou en Europe de l'Est. Arcelor est resté silencieux. Selon le document d'offre de Mittal, il a cinq jours pour réagir.

Les dirigeants d'Arcelor ont depuis près de quatre mois exprimé leur franche hostilité au projet de fusion avec Mittal et ont tout fait pour le faire capoter. Pour convaincre ses actionnaires (84% de son capital est en Bourse) de ne pas céder aux avances de son rival, Arcelor leur a versé un super-dividende pour 2005, leur a promis des résultats en forte hausse à l'horizon 2008.

Mieux, il va leur distribuer au moins 5 milliards d'euros en rachetant ses propres actions à hauteur d'un quart de son capital. Pour gêner encore son prédateur, Arcelor négocierait en outre une entrée à son capital du groupe sidérurgique russe Magnitogorsk (MMK), selon l'hebdomadaire français Challenges.



Source : www.menara.ma