Grippe aviaire: Nature publie 2 études importantes
Par Blog marocain, jeudi 17 août 2006 à 13:18 :: Votre Santé :: #556 :: rss
La première des études que publie la revue Nature montre que le virus H5N1 de la grippe aviaire aurait une faiblesse que pourraient prendre pour cible des médicaments plus efficaces.
La seconde, elle, met en avant les risques de la vaccination des volailles contre le H5N1 qui pourrait favoriser la propagation silencieuse de souches virulentes.
Faiblesses du H5N1: médicaments à venir
Le virus H5N1 de la grippe aviaire aurait une faiblesse que pourraient prendre pour cible des médicaments plus efficaces L'oseltamivir (Tamiflu) et le zanamivir (Relenza), déjà stockés par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et plusieurs gouvernements en prévision d'une hypothétique pandémie humaine, ont déjà montré une certaine efficacité contre ce virus, il serait possible de faire mieux, estiment les chercheurs.
Le H5N1 à l'origine de l'épizootie actuelle tire son nom des deux protéines de son enveloppe, l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N), qui existent sous différentes formes (identifiées par des numéros) dans les virus de la grippe humaine ou aviaire.
L'oseltamivir et le zanamivir visent à inhiber (bloquer) l'action de la neuraminidase qui permet aux virus de s'échapper des cellules où ils se sont multipliés et de continuer à propager l'infection.
Ces médicaments appelés inhibiteurs de la neuramidase avaient été mis au point en adaptant leur structure moléculaire à la configuration 3-D des neuraminidases N2 et N9, les seules (pour les virus grippaux du groupe A) dont la structure avait alors été étudiée par cristallographie aux rayons X.
Or, la neuraminidase N1 (tout comme N4, N8) a une forme différente des neuraminidases N2 et N9, selon Rupert Russel et John Shekel, chercheurs au National Institute of Medical Research à Londres, et leurs collègues.
En effet, d'après l'équipe britannique, lorsque le médicament se lie à la neuraminidase N1 pour bloquer son action, il reste un espace libre, une minuscule cavité d'un nanomètre (millionième de millimètre) de long et de 0,5 nanomètre de haut et de large.
D'où l'idée que de nouveaux inhibiteurs de la neuraminidase s'emboîtant parfaitement dans cet espace pourraient être plus efficaces contre les virus H5N1 aviaires ou H1N1 de la grippe humaine.
Alors que certains virus H5N1 sont résistants aux médicaments actuels, les chercheurs espèrent avoir ouvert ainsi de "nouvelles opportunités" pour la mise au point d'antiviraux efficaces.
Risques de la vaccination anti-H5N1 des volailles
Vacciner les volailles contre le virus hautement pathogène H5N1 de la grippe aviaire peut favoriser la propagation silencieuse de souches virulentes, les volatiles mal protégés par le vaccin et contaminés n'étant pas détectés, selon des travaux publiés dans la revue scientifique Nature.
"Lorsque la vaccination est utilisée, elle doit être extrêmement bien faite, faute de quoi elle pourrait aggraver le problème", résume Nicholas Savill (Université d'Edimbourg, Royaume-Uni), dont l'équipe a eu recours à des modélisations mathématiques pour évaluer les risques.
Même si elle accroît la probabilité de détection d'une infection, l'utilisation d'oiseaux "sentinelles" non vaccinés, susceptibles de succomber aux attaques du H5N1 et d'alerter sur la possible contamination de leurs congénères vaccinés sans symptômes visibles, ne permet pas toujours d'éviter une diffusion de la maladie à d'autres élevages.
D'après les chercheurs de l'université écossaise, pour réduire de 50% la probabilité d'une flambée de grippe aviaire dans un élevage, 90% au moins des volatiles doivent être protégés par le vaccin, en supposant que celui-ci soit totalement efficace.
"En pratique, il est très difficile de protéger plus de 90% des volailles d'un élevage, les niveaux de protection étant généralement beaucoup plus faibles", souligne l'Université d'Edimbourg dans un communiqué. Pour éviter une diffusion silencieuse du virus, il faudrait même atteindre un niveau de protection de plus de 95%.
Au plan individuel, les vaccins actuels offrent une protection : ils "réduisent les risques d'infection des oiseaux, la quantité de virus qu'ils propagent et le temps pendant lequel ils excrètent des virus", résume le Dr Savill dans le communiqué.
La probabilité d'une contamination silencieuse d'un élevage par un autre est particulièrement élevée lorsque la protection vaccinale atteint 80%. "Lorsque la proportion de volatiles vaccinés augmente, moins d'oiseaux sont contaminés, mais les flambées sont plus difficiles à détecter", expliquent les chercheurs dans Nature.
Source : info.france2.fr
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