Malheureusement, le court comme genre cinématographique à part entière a du mal à trouver des possibilités de distribution et ce, tant au niveau national qu'international. Le circuit des festivals reste l'une des rares occasions pour le public de découvrir des œuvres de qualités quoique souvent confinées dans l'anonymat. Pourtant, le court sert souvent de banc d'essai pour les jeunes cinéastes en quête de reconnaissance, c'est aussi un genre qui permet d'exprimer des idées d'une manière plus suggestive et moins détaillée, mettant à l'épreuve la capacité des réalisateurs à adopter la concision comme façon de faire.

Le règlement de la compétition, dans le but d'entériner le critère de qualité comme approche dynamisante, stipule notamment que «seuls les films de genre fiction de 35 mm produits durant la période comprise entre octobre 2005 et juillet 2006» seront habilités à être retenus en compétition officielle, indique-t-on du côté des organisateurs.

Trois courts métrages de jeunes réalisateurs marocains sont en lice de la compétition officielle de cette édition. Il s'agit de «Tes cheveux noirs Ihssan» de Tala Hafid, «30 ans» de Mohamed Chrif Tribek, et «Casa» de Ali Benkirane. Interrogé sur son sentiment quant à sa troisième participation à ce rendez-vous devenu incontournable dans le calendrier culturel du royaume, Mohamed Chrif Tribek affirme que «C'est bonne initiative pour accompagner tout le dynamisme du jeune cinéma au Maroc.

Cependant, le court n'a pas beaucoup d'opportunités d'apparaître pour le grand public, premièrement par manque de programmation, ensuite pour la rareté des salles de cinéma qui disparaissent les unes après les autres. Avec la compétition internationale, l'émulation ne peut que faire du bien à nos cinéastes. Toutefois, il serait plus judicieux d'avoir une compétition spécifique à la production nationale, d'une part pour l'encourager à produire plus et mieux, et d'autre part pour que le critère de qualité soit le maître dans la compétition internationale». Si plusieurs critiques s'accordent à souligner la «modeste qualité» des courts métrages de la précédente édition du festival, les organisateurs de cette manifestation promettent des productions de bonne facture pour cette quatrième rencontre.

Tarik El Jouhari, alias «Osmoz», cinéaste, infographiste et comédien entre autres, a été sélectionné pour la compétition officielle avec son court-métrage «Sacrifake», prenant pour cadre les attentats du 16 mai 2003. Pour lui, une manifestation comme celle-ci donne «une visibilité avant tout. Les festivals restent le principal moyen de montrer et de voir des courts-métrages. C'est la réalité de leur distribution, même au niveau mondial.

Au Maroc, nous avons la chance d'avoir des événements qui en projettent, dont un réservé à ce genre. Vous soupçonnez l'importance de ce festival à mes yeux». La manifestation, ouverte aux récentes productions des pays méditerranéens notamment, comprend une compétition officielle dotée d'un «Grand prix du festival», d'un «Prix du scénario» et d'un «Prix spécial du jury», outre une distinction pour les meilleures interprétations féminine et masculine.

Présidé par le cinéaste marocain Moumen Smihi, le jury de cette 4e édition comprend la directrice du festival africain de Tarifa (Espagne), Mane Sisneros, le réalisateur-producteur français Bernard Verley, le réalisateur palestinien Rachid Masharoui et la sociologue marocaine Soumaya Naamane Guessous.

Le programme de la manifestation, érigée en rendez-vous annuel de ce genre cinématographique révélateur des jeunes talents, comprend également des conférences et des débats sur le court métrage qui seront animés par des professionnels du 7e art marocains et étrangers. En marge de la compétition officielle, le public aura à savourer un panorama du cinéma marocain avec la projection de 60 productions nationales.

Le Grand prix de la 3e édition du festival a été remporté par le court métrage «Notre pain quotidien» de Martin Resete (Espagne). En définitive, cette manifestation demeure une opportunité pour les réalisateurs marocains de se mesurer aux autres en termes de créativité, de technicité et de qualité des fictions mises en compétition de telle sorte à apporter du sang neuf à la production nationale.



Source : www.lematin.ma