La demande en produits de haute technologie affiche une progression constante depuis 1960, avec une hausse des achats de 12,6 % par an en volume. "Cette progression spectaculaire s'explique naturellement par l'évolution des prix (...) Après une hausse très modérée de 1960 à 1990 (+ 1,3 %), les prix sont en nette baisse (- 6,1 %)", indique l'Insee.

En quarante-cinq ans, les besoins des ménages ont beaucoup évolué. En 1960, trois produits avalaient la quasi-totalité des dépenses du secteur : les récepteurs radio (28 %), les téléviseurs (36 %) et les services de téléphonie (27 %). A l'époque, seulement 13 % des ménages étaient équipés d'une télévision et 12 % d'un téléphone. Depuis, les produits de haute technologie n'ont cessé de se multiplier : chaîne audio, magnétoscopes, micro-ordinateurs, camescopes, lecteurs et graveurs de DVD, téléphones portables, accès à Internet... sont entrés dans le quotidien.

A partir de 1990, dopée par les ventes d'ordinateurs, puis de téléphone mobile et d'Internet, la consommation des produits de haute technologie a grimpé à 13,2 % en volume par an. En comparaison, la consommation des ménages dans son ensemble ne progressait que de 1,9 % par an. Début 2004, selon l'Insee, 45 % des foyers disposent d'un micro-ordinateur à leur domicile, soit trois fois plus qu'en 1996. L'institut constatait des phénomènes nouveaux dans le paysage de l'informatique domestique comme le multi-équipement et l'engouement pour les micro-ordinateurs portables.

L'année dernière, plus de la moitié des dépenses étaient consacrées à la téléphonie. Cependant, le marché des téléviseurs reprend de la vigueur, tout comme les lecteurs-enregisteurs de DVD, tiré par les nouvelles technologies (LCD et écrans plasma) et les grands événements sportifs, comme la Coupe du Monde. Les appareils photos numériques ont connu une embellie entre 2000 et 2004, mais les ventes ont ralenti en 2005 (+ 14 %), concurrencées par les téléphones mobiles avec appareil photo intégré.

BUDGET DANS LA MOYENNE EUROPÉENNE, MAIS UN TAUX D'ÉQUIPEMENT INFÉRIEUR

Pourtant, la France présente un sérieux retard face à ses voisins européens. Certes, les Français consacrent à ces produits la même part de leur budget que la moyenne européenne (4 %), et dépassent même les Allemands (+ 3,9 %), les Belges (+ 3,3 %) ou les Espagnols (+ 3,7 %), mais ils sont devancés par les Pays-Bas (5,9 %), la Pologne (4,4 %) et la Grande-Bretagne (4,1 %).

Les ménages sont toutefois moins nombreux en France à être équipés en téléphonie mobile, ordinateurs, Internet et Internet haut débit, signe de coûts plus élevés dans l'Hexagone. Fin 2004, 74 % de ménages étaient abonnés à une ligne de téléphone mobile, contre une moyenne de 81 % en Union européenne. Ils n'étaient que 54 % à détenir un ordinateur l'année dernière, contre une moyenne de 58 % et 39 % à être connectés au Web (contre 48 %).

L'explication de ces retards remontent au début de 1980. Peu de ménages étaient alors équipés en téléphone fixe, une situation qui a ralenti le lancement des autres produits issus des nouvelles technologies.

En revanche, les ménages français présentent un bon point non négligeable en matière de connection au haut débit : 30 % étaient connectés pour une moyenne europenne de 23 %, bien plus que l'Italie (13 %), l'Espagne (21 %) et la Pologne (16 %), mais une fois de plus devancés par la Belgique (41 %) et les Pays-Bas (+ 54 %).



Source : www.lemonde.fr