Conscient, de cette responsabilité professionnelle, dont il est investi, le corps inspectoral du travail a bataillé depuis presque vingt ans, sur tous les fronts juridique, médiatique et social, dans le but d'inciter les autorités publiques à lui reconnaître le rôle d'acteur social et de partenaire dans le développement économique et social du pays. Cette lutte défensive, faut- il le rappeler, a été couronnée à partir de mai 2004, par une grève générale, considérée, comme une première dans les annales de l'inspection du travail. Une manifestation revendicative à laquelle, ont pris part, toutes les composantes associatives et syndicales représentatives du corps.

Mais, quel bilan, faut - il , cependant tirer des promesses données par le Premier ministre, lors de sa rencontre avec le comité de coordination nationale, composé des différents représentants du corps, fin avril 2005? Ces promesses non tenues ont porté essentiellement sur la nécessité de faire bénéficier le corps inspectoral du travail, d'un statut particulier et des garanties juridiques pour protéger ses membres contre les poursuites judiciaires, en cas de transmission au parquet des PV de constatation des infractions au code du travail. Cette protection est incontournable, en vue de couper court à toute affaire semblable à celle de Zine El Abbidine Kacha, considérée comme la plus menaçante dans les annales de la profession et que l'opinion publique nationale scandalisée, s'est montrée défenseur.

Il est clair que ces promesses sont restées lettre morte dans les tiroirs de ceux, qui ont intérêt à ce que cette institution demeure le maillon faible de la fonction publique et le département qui a bénéficié de moins de ressources financières et humaines. Qui a donc intérêt à ce que ce corps administratif actif soit entaché d'une faiblesse voulue au sein de l'organe exécutif gouvernemental ?

De ce constat, il est donc temps que le ministère de tutelle reconnaisse son échec et sa faillite dans la gestion juridique, matérielle et morale de l'inspection du travail, qui souffre depuis plus de dix ans d'une défaillance flagrante tous azimuts à savoir :

- Absence de statut particulier de l'inspection du travail.

- Gestion routinière non prévisionnelle des ressources humaines.

- Non restructuration des services extérieurs du ministère.

- Mécanisme inefficace d'amélioration des conditions de travail matérielles, morales et professionnelles des inspecteurs du travail

- Non reconnaissance de l'Institut national du travail et de la prévoyance Sociale, en tant qu'outil de formation et de perfectionnement des compétences.

- Destitution de certains responsables et leur remplacement par d'autres sur la base des considérations d'ordre partisanes, sans justification, et ce contrairement à la circulaire du Premier ministre à ce sujet.

- Retrait des cartes professionnelles de certains inspecteurs du travail en exercice, sans respecter la procédure de saisine du conseil disciplinaire, pour leur permettre de se défendre contre les accusations, s'il y a lieu.

Dans le même sens, il faut évoquer l'avenir sombre qu'aurait dû confronter ce corps au niveau de son effectif et de ses prérogatives, si l'Association marocaine des inspecteurs du travail , n'était pas intervenue en 2002 , pour dévoiler le complot , visant l'affaiblissement progressif du corps dans la perspective de son exclusion (transfert des postes budgétaires du corps en faveur d'autres catégories de personnel, nomination aux postes de responsabilité liés à l'inspection du travail à des personnes ne disposant , ni formation juridique adéquate ni pratique en matière de contrôle). Le comble, c'est que la hiérarchie administrative vient d'asséner un nouveau coup à ce corps par la nomination récemment d'une personne qui lui est étrangère, en tant que chef de division du contrôle de l'application des lois sociales en agriculture, alors que le corps regorge de dizaines de compétences. Il va sans dire que la fonction de l'administration centrale de l'inspection du travail est sensée animer, piloter, encadrer, coordonner les actions des inspecteurs du travail sur le terrain.



Source : fr.allafrica.com