M. Hilale intervenait lors d'une session extraordinaire du CDH consacrée à l'examen de «l'impact de la crise économique et financière mondiale sur la réalisation universelle et la jouissance effective des droits de l'Homme».

Le diplomate marocain a indiqué que ces droits continueront de bénéficier de l'attention pleine et entière du gouvernement marocain dans le cadre de l'Initiative nationale pour le développement humain, (INDH) lancée par S.M. le Roi Mohammed VI en 2005.

M. Hilale a aussi réaffirmé la ferme résolution du Maroc d'assumer ses engagements envers les pays en développement et les moins avancés, dans le cadre de la coopération Sud-Sud que le Royaume a inscrite parmi les priorités de sa politique étrangère.

A cet égard, a-t-il dit, le Maroc œuvrera à renforcer la coopération bilatérale et triangulaire visant la mise en œuvre de projets socio-économiques, surtout dans les pays africains, qui ont besoin de mesures solidaires pour les aider à mieux s'adapter aux effets négatifs de cette crise et continuer à mettre en £uvre leurs stratégies de développement humain.

Evoquant les efforts déployés par la communauté internationale pour sortir de la crise financière et économique actuelle, M. Hilale a estimé qu'une approche holistique des politiques économiques financières et du droit au développement est nécessaire pour atteindre cet objectif.

Une démarche inclusive et une collaboration mondiale et solidaire sont requises, a-t-il suggéré, soulignant que les pays en développement devraient à cet effet être partie prenante et agissante dans l'établissement des bases du nouvel ordre économique en genèse.

En raison de la dimension planétaire de la crise financière et économique, la recherche de solutions de sortie de crise devrait associer tous les membres de la communauté internationale, a insisté le diplomate marocain, qualifiant de primordiale l'implication des pays en développement, jusque-là marginalisés, dans les conférences et sommets consacrés à cette crise, car, a-t-il fait observer, ils sont en train d'en devenir les victimes sans être les responsables de son déclenchement.

Il a fait savoir que la mise sur pied d'une architecture globale pour un développement durable appelle, entre autres, une moralisation et une régulation des marchés financiers, des mécanismes de maîtrise et d'atténuation de la volatilité des prix et la prise en compte des effets de la mondialisation, plus particulièrement en ce qui concerne la jouissance effective des droits de l'homme.

M. Hilale a signalé que cette réunion du CDH tombe à point nommé, puisqu'elle se tient dans ces moments de crise économique et financière mondiale fortement évolutive et aux conséquences encore imprévisibles.

Cette crise, a-t-il déploré, génère une situation économique alarmante, renvoie à des interrogations légitimes et suscite des inquiétudes justifiées au sujet de son impact sur la jouissance et la réalisation effective des droits de l'homme, la globalisation induisant, a-t-il noté, l'interdépendance de l'économique, du politique, du social et des droits de l'homme.

Dans ce contexte, a-t-il indiqué, «nous constatons avec regret que la faillite d'une banque émeut, alarme et mobilise plus que la tragédie de 10.000 enfants de moins de 10 ans qui meurent de malnutrition chaque jour et que le plan de sauvetage d'une Compagnie d'assurance de 123 milliards de dollars représente deux fois plus que le montant nécessaire pour atteindre les Objectifs du dDéveloppement pour le Millénaire et dix fois la somme nécessaire pour fournir les traitements antirétroviraux pour l'ensemble de personnes atteintes du sida dans les pays du Sud».

M. Hilale a souligné que les conséquences désastreuses de cette crise sur des droits fondamentaux tels que l'emploi, la santé, l'éducation, l'alimentation, l'habitat, rendent aujourd'hui de plus en plus inaccessibles la plupart des droits essentiels énoncés dans les deux Pactes internationaux. «Ces droits sont opposables à nos Etats et à la Communauté Internationale, et partant, ne dépendent pas des périodes de prospérité. Bien plus, ils devraient être protégés et garantis en tout temps et encore plus en temps de crise économique», a-t-il affirmé.



Source : www.lematin.ma