Cette affaire a montré à quel point l’imprévoyance, ou pis encore l’incompétence, pouvait mettre le pays en difficulté. Cette dame, étant Marocaine, n’aurait pas dû être expulsée: aucun pays n’expulse ses ressortissants, quel qu’en soit le motif. Mais puisque cette décision était prise, l’Etat aurait pu avoir le courage de s’y tenir, considérant qu’après tout, elle était un agent algérien. Ce ne fut pas le cas. Plus embarrassant: les explications contradictoires et embrouillées des pouvoirs publics marocains ont fait la part belle aux adversaires de tout poil... Et ironie de l’histoire, le Maroc, le pays le plus avancé de la région sur les questions de liberté, des droits de l’Homme et de démocratie, s’est vu attaqué de toutes parts, précisément sur ces questions. Maintenant, passons aux questions de fond. Comment devant de tels risques d’effets boomerang, les verrous institutionnels n’ont-ils pas fonctionné? Au contraire, on a même eu une image caricaturale montrant tous les partis politiques, sauf un, approuver l’expulsion; on a vu le gouvernement presser les médias pour qu’ils fassent chorus... Et puis voilà, quelques jours après, ces mêmes partis ont applaudi, toute honte bue et sans état d’âme, le retour de cette séparatiste. Seul le PAM a eu le courage de marquer sa désapprobation de l’expulsion, en ajoutant que ce n’était pas une décision judicieuse. Comment croire que cette affaire sera sans conséquence?! Sur le plan international, elle a injustement terni notre image en tant que pays démocratique. Sur le plan interne, elle a montré que l’Etat n’a pas une grande capacité de résistance aux pressions. Sur le capital image, quel gâchis!

Source : www.leconomiste.com